Un travail essentiellement féminin

Seule source de revenu pour les jeunes filles afghanes

Un travail essentiellement féminin

Dans la société afghane, il est peu fréquent aujourd'hui encore que les jeunes filles travaillent. C'est d'ailleurs pour cela que leur scolarisation serait quasi-nulle si les lois en vigueur ne la rendaient obligatoire. Dès qu'elles le peuvent, elles aident aux tâches de la maison et sont souvent mariées très jeunes également, dès 16 ans le plus souvent même si la loi impose un âge minimum de 18 ans. Certes, dans les grandes villes et les capitales administratives des provinces, on croise dès le matin des rangs de petites et jeunes filles en uniforme qui se rendent à l'école. Elles peuvent en outre, une fois leurs études achevées trouver des emplois dans l'administration, les services, notamment financiers, l'éducation et le secteur de la santé. Mais il suffit d'aller dans les villages alentours pour constater qu'elles ne sortent guère de la maison où les cantonne l'aide apportée à leur mère ou leur belle-mère. Cette exclusion de la vie économique renforce le statut d'infériorité des femmes dans la société. C'est pourquoi de nombreuses actions de formation et de sensibilisation sont financées par la communauté internationale qui toutes visent à rendre les femmes plus autonomes. Mais ces projets se heurtent aux réalités sociales du pays : à quel travail pourrait prétendre une jeune fille dans un village rural, où les hommes eux-mêmes ne vivent que du travail de la terre et où n'existe qu'une poignée d'emplois non agricoles ?

La qualité du safran dépend étroitement du travail de tri, de séchage et de conditionnement. Pour détacher les brins de safran rouges, les séparer des jaunes sans les casser, il faut une agilité que seules possèdent les mains féminines. aussi dans la province de Hérat de nombreuses coopératives se sont-elles créées qui regroupent des femmes productrices de safran. Certes les hommes travaillent la terre et plantent les oignons, mais la cueillette de la fleur le matin, et surtout donc le tri des pistils et leur conditionnement est un travail de femmes.

Le tri et le conditionnement du safran représente ainsi dans les régions où il est possible une opportunité unique et incomparable pour ces jeunes filles de travailler, c'est-à-dire concrètement d'avoir l'autorisation de sortir de chez elles, de fréquenter d'autres jeunes filles de leur âge, d'ébaucher une vie sociale hors la tutelle familiale. En outre, elle leur permet par l'apport d'une rémunération au budget de la famille d'être valorisées pour ce qu'elles sont et, cela est constaté partout dans le monde, cette valorisation fait passer la jeune fille du statut de charge encombrante ou de "monnaie d'échange" (on donne une fille pour payer une dette ou réparer un outrage) à celui d'actrice économique du bien être familial. Cela n'empêchera pas qu'elle soit mariée, peut-être son mari l'autorisera-t-il à continuer son activité, au moins jusqu'à la naissance du premier enfant.

laboratoire de tri du safran

le tri manuel

Publié par Safranistan le